Les différentes formes d’attache des plantes grimpantes


Pour pouvoir grimper en hauteur, il est nécessaire à une plante de s’attacher régulièrement à un support.

Pour cela, il existe dans la nature différentes techniques de fixation.


Enroulement de la tige (glycine, chèvrefeuille, liseron) ou du pédoncule des feuilles (clématite, capucine).


Utilisation d’un système de fixation spécialisé :

- vrilles de la passiflore et de la vigne

- crampons de la vigne vierge

- racines du lierre


Utilisation d’un système pour se maintenir (épines des ronces et des rosiers grimpants).

 

 

L’enroulement de la tige chez les plantes volubiles.

L’enroulement de la tige au cours de la croissance est la technique la plus connue de progression des plantes grimpantes.

La croissance de l’apex (l’extrémité) de la tige se fait en spirale (toujours dans le même sens chez une espèce) ce qui va se traduire par un enroulement en spirale du support. Au départ, cette fixation sera flexible et pourra être modifiée facilement même si la succession des spirales rendra la fixation rapidement efficace. Chez les plantes annuelles, cette fixation sera suffisante pour supporter leur développement.

Dans le cas des vivaces, la fixation se renforcera après plusieurs semaines avec la lignification de la tige qui se rigidifiera et deviendra stable.

Elle aura pour avantage de se consolider tout au long de la croissance en épaisseur des tiges, ce qui permettra d’ancrer fermement des plantes qui pourront atteindre une taille et un poids importants. Différentes tiges d’une même plante pourront même se souder et ainsi former des attaches d’une résistance à toute épreuve. L’inconvénient de cette progression est l’écrasement du support au fil des années s’accompagnant d’une très grande difficulté, voire d’une impossibilité à déplacer ou à retirer une plante âgée sans détruire le support.

 

 

Clematite

Exemple de l'enroulement d'une tige de chèvrefeuille (à gauche) et d'ipomée (à droite) sur un tuteur.

Fleurs d'ipomées




L’enroulement du pédoncule des feuilles

L’enroulement du pédoncule des feuilles se rencontre principalement chez les clématites possédant un long pédoncule. C’est pour moi la technique d’accroche la plus élégante. Cet enroulement est très rapide (quelques heures) et a lieu en réaction à un contact du pédoncule avec un élément extérieur. Si au cours de la croissance de la tige, le pédoncule entre en contact avec un support de faible diamètre (moins d’un centimètre de diamètre) la croissance du pédoncule est ralentie au niveau du contact ce qui provoque une croissance en courbe qui se prolonge jusqu'à ce qu’un tour complet du support soit effectué. Cet enroulement peut aussi se faire en suivant le support, même si ce dernier a une forme irrégulière (barrière, caillou). Cette fixation sera définitive dès sa formation et pourra supporter un poids important (bien supérieur à celui de cette légère plante).

On rencontre cette technique également chez la capucine grimpante. Chez cette espèce l’enroulement sera moins régulier mais plus adaptatif. De plus la grande feuille qui se développera perpendiculairement à la fin du pédoncule pourra jouer un rôle de blocage en empêchant le nœud de se défaire.

Cette technique a l’avantage d’être totalement inoffensive pour le support puisqu’elle s’adaptera à la forme du support et se figera immédiatement.

 

Exemple des clématites


Pendant leur progression verticale, les clématites utilisent leur feuilles pour se maintenir à leur support. Le pétiole des feuilles va se courber au contact d'un objet. Petit à petit le pétiole va s'enrouler autour de lui pour le maintenir de manière très efficace.

Clematite

Clematite

Clematite

Clematite

Clematite



Les vrilles

Certaines plantes grimpantes possèdent des organes spécialisés de fixation aux supports. Ce sont les vrilles, que l’on rencontre chez la passiflore et la vigne. À l’apex de la tige, au niveau de chaque feuille va se développer perpendiculairement une fine tige souple légèrement recourbée au bout tel un petit crochet qui va pouvoir s’agripper à un support. La tige va rapidement grandir en s’enroulant autour du support et en formant des vrilles qui feront plusieurs tours. Cette fixation va être assez flexible, maintenant la tige d’une façon élastique. Le nombre important de tours de vrille va rendre la fixation suffisamment résistante, et leur grand nombre (une vrille tous les 5 centimètres environ) va former un ensemble souple mais très solide. Les vrilles sont très fines et élastiques au départ et on peut les retirer facilement en les tirant doucement mais par la suite elles vont se lignifier pour devenir stables et très rigides, ce qui permettra de pouvoir maintenir une tige de vigne avec ses grappes de raisin à un support.


Exemple d'une passiflore


La vrille va permettre d'attacher la plante de manière très flexible en effectuant un ou plusieurs tours d'un support. Ici la passiflore se fixe facilement sur une tige de kiwi.

Clematite

Clematite

Clematite

Clematite

Clematite

Les crampons

Un autre organe de fixation spécialisé est appelé : crampon. Ce sont des sortes de ventouses ou patch collants qui fixeront très fermement la plante à un support rigide assez épais. Sa spécialité étant l'escalade des murs, même parfaitement lisses, que peut d'autres plantes peuvent escalader.

 

Clematite

Exemple d'une vigne vierge sur un mur.

Clematite


Les racines

Le troisième organe de fixation spécialisé est une forme de courte racine aérienne. Les propriétés sont très semblables aux crampons et permettent au lierre d'escalader facilement de très hauts murs.

 

Clematite

Exemple d'une tige de lierre fixée sur un vieux mur.

Clematite



Les épines

Les épines des plantes grimpantes forment une sorte de crochet ou d’hameçon qui va pouvoir glisser contre un support rugueux lors de son ascension  mais s’y accrochera lors d’un mouvement descendant. De telles plantes vont donc pouvoir au cours de leur croissance se faufiler dans un espace restreint et même en écartant deux tiges. Par contre, le mouvement opposé sera impossible. Ceci permet par exemple aux ronces de se développer facilement en hauteur dans des massifs.

L’inconvénient majeur que tout le monde a déjà rencontré chez ces plantes est le risque de blessure lors de tout contact avec la tige. Il faudra donc éviter de placer ces plantes grimpantes à épines près des lieux de passage. À l’opposé elles pourront permettre de créer efficacement une barrière infranchissable pour tout animal de plus de quelques centimètres de large.


Une fixation solide ?

Le maintient de la plante dépendra de la combinaison du type de fixation associé au support. Ce n’est pas parce qu’une plante va pouvoir s’accrocher efficacement à une branche qu’elle pourra rester définitivement en place si la branche se tord ou se rompt sous le poids de la plante ou au fil du temps. De plus la fixation ne protégera pas forcément la tige d’une rupture brutale.

Il va donc falloir faire attention à la solidité de l’ensemble plante-support au cours du temps. En effet le vent pourra appliquer une forte pression latéralement à la plante alors que les fruits pourront ajouter des dizaines de kilos supplémentaires à la plante.

Le type de fixation dépendra de la localisation de la plante (allée), du type de support (mur, pergola, grillage) et de la durée de vie de l’ensemble plante-support. Le lierre ou la vigne vierge n’abime en aucun cas les murs d’une maison, mais si vous arrachez la plante, ou il restera les crampons au mur, ou des morceaux de peinture resteront sur la plante.

Barrière déformée par les tiges d’une clématite ou grillage s’écroulant sous le poids de la plante et de ses fruits.